Les seuils comptent plus que le tarif au flux

Le mot revient dans une grande partie des pages de ce magazine, sans que le mécanisme soit jamais expliqué. Il mérite mieux, car il décide de qui peut vivre de son travail.

Un seuil avant le premier centime

Depuis 2024, Spotify ne verse plus rien aux titres restés sous mille écoutes sur douze mois glissants. Ce n'est pas une baisse de tarif mais une porte : les sommes concernées sont redistribuées aux autres. La logique est la même ailleurs. YouTube demande mille abonnés et quatre mille heures de visionnage sur un an pour accéder à son programme partenaire. Un créateur peut donc être écouté sans rien percevoir.

Le partage au prorata, et sa contestation

Le modèle dominant met l'ensemble des abonnements dans un pot commun, puis le répartit selon la part d'écoutes de chacun. Un auditeur qui n'écoute qu'un seul artiste finance donc surtout les plus streamés. Deezer et Universal ont lancé en 2023 un modèle dit centré sur l'artiste, qui pondère différemment les écoutes actives et les fonds sonores. Le débat n'est pas tranché, mais il explique pourquoi deux services affichant le même abonnement ne reversent pas la même chose.

Trois économies très différentes

En musique, le revenu vient du volume et transite par un distributeur, un label ou une société de gestion avant d'arriver. En vidéo, il dépend surtout de la publicité, donc du sujet et de la saison. En podcast, il n'existe presque pas de rémunération à l'écoute : le modèle repose sur le parrainage, l'abonnement ou la commande, ce qui rapproche le podcast de la production audiovisuelle plus que du streaming musical.

Ce que cela change pour l'auditeur

Un achat direct, un concert ou un abonnement à un créateur pèsent davantage que des centaines d'écoutes. Ce n'est pas un argument moral mais arithmétique, et c'est ce qui permet à des groupes de se construire un public sans structure, comme le montre la scène indépendante.

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